Le projet Mental'eau

Présentation du projet de recherche

Le projet Mental’eau a pour principal objectif d’explorer les liens entre l’état de santé des écosystèmes aquatiques et le bien-être des individus qui les fréquentent. Il vise également à  sensibiliser les usagers aux enjeux du concept « one health » et à développer des actions de médiation scientifique autour du projet de recherche. Ces travaux pourraient contribuer à une meilleure acceptation des politiques de restauration des milieux aquatiques, en mettant en évidence les bénéfices sociaux associés aux écosystèmes restaurés.

Ce projet de recherche a été développé dans le cadre d’une réponse à l’appel à manifestations d’intérêt lancé en 2021 par l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Intitulé « Eau & santé », ce programme vise à interroger la façon dont l’eau constitue en enjeu et un facteur important de la santé humaine, et plus largement de la santé environnementale.

Projet Mentaleau Personnes Assises Lac Sur Site 1024x575

Le projet Mental’eau s’inscrit dans les activitĂ©s de recherche menĂ©es par la Zone Atelier Moselle (ZAM), notamment dans le cadre de l’axe « Relations Homme-nature », et de la Zone Atelier Environnementale Urbaine (ZAEU) de Strasbourg. Membres du RĂ©seau des Zones Ateliers, ces infrastructures dĂ©veloppent des recherches interdisciplinaires – Ă  l’interface des sciences humaines et sociales et des sciences de la Nature) et transdisciplinaires, menĂ©es en lien avec les acteurs du territoire, deux dimensions essentielles du projet Mental’eau.

Contexte du projet

Dans un contexte global en profonde transformation (changement climatique, effondrement de la biodiversité, émergence de nouvelles pandémies, etc.), le concept « one health » apparaît particulièrement pertinent. D’un point de vue scientifique, il permet de penser, et potentiellement de prévenir ces crises. D’un point de vue social, voire politique , il offre également une manière de rendre plus visibles les interactions et interdépendances écosystémiques dans lesquelles l’humain est impliqué. C’est ce double aspect social et scientifique du concept « one health » que cette recherche propose d’explorer, en se focalisant sur les relations entre l’humain et les écosystèmes aquatiques (rivières, plans d’eau, canaux, etc.).

Déclinaison verticale du logo Mental'eau en couleur

Au-delà d’une forte attente sociétale concernant l’implication des sciences humaines et sociales dans les recherches menées en sciences naturelles et expérimentales, les problématiques liées aux écosystèmes ou plus largement aux enjeux environnementaux globaux (changement climatique, effondrement de la biodiversité, etc.) gagnent à faire dialoguer une diversité de champs disciplinaires. Une telle approche permet de mieux documenter à la fois la complexité des phénomènes étudiés et les difficultés associées à l’action publique et aux transformations des pratiques individuelles.

Dans le cadre de cette recherche interdisciplinaire, réunissant sciences naturelles (hydrologie, géochimie, botanique, écologie, etc.) et sciences humaines et sociales (géographie, économie, sociologie, etc.), nous souhaitons interroger les relations que les individus entretiennent avec les écosystèmes aquatiques, en tant que paysages et espaces de pratiques récréatives variées.

  • En quoi ces Ă©cosystèmes peuvent-ils ĂŞtre source de santĂ© (physique et psychologique) et/ou de bien-ĂŞtre pour l’humain ?
  • Inversement, en quoi la perception des usagers peut-elle favoriser l’amĂ©lioration de la qualitĂ© de l’écosystème aquatique ?
  • Dans quelle mesure peut-on mettre en relation santĂ© humaine et santĂ© des Ă©cosystèmes, dans une perspective du concept « one health » ?
  • Enfin, comment ce concept est-il perçu et intĂ©grĂ© (ou non) par les individus, et quelles implications cela peut-il avoir sur leurs pratiques et leur expĂ©rience de ces milieux ?

Concept « One health Â»

Le terme de « one health » (ou « une seule santé ») est apparu au début des années 2000, dans différentes sphères de l’action publique mondiale. Il a été progressivement adopté par plusieurs institutions spécialisées de l’ONU telles que l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et, plus récemment, le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE).

Cette notion met en avant l’interdépendance des santés environnementale, animale et humaine. Elle souligne également la nécessité de concevoir des politiques publiques de santé (à l’échelle locale, comme globale) intégrant des actions coordonnées, prenant en compte à la fois les populations humaines et leur environnement.

La notion de « one health » s’est développé dans un contexte marqué par la destruction des habitats naturels, la pollution de l’air, de l’eau et des sols, la raréfaction des ressources naturelles, ainsi que la croissance démographique mondiale. Elle invite ainsi à repenser la santé dans une perspective systémique, en reconnaissant les interdépendances entre le bien-être des populations humaines,celui des animaux et l’état des écosystèmes

Objectifs de la recherche

Le projet Mental’Eau propose de répondre à deux objectifs :

D’une part, qualifier de façon globale et pertinente l’ « Ă©tat de santĂ© » d’écosystèmes aquatiques de nature très diffĂ©rente.

D’autre part, Ă©valuer les bĂ©nĂ©fices que les individus retirent de la frĂ©quentation de ces Ă©cosystèmes, en termes de bien-ĂŞtre et de ressenti.

Ce projet de recherche est exploratoire. Le protocole mis en œuvre est innovant : il vise à produire de nouvelles connaissances et méthodes d’évaluation, ainsi qu’à apporter un éclairage nouveau sur les liens entre humains et nature dans le cas particulier des écosystèmes aquatiques. Ces éléments pourront également alimenter les réflexions sur l’acceptabilité sociale et le au gain collectif des opérations de restauration de milieux aquatiques, en évaluant le « gain » de bien-être susceptible d’être associé à l’amélioration ou au retour à une bonne qualité écologique des écosystèmes. Enfin, les résultats de ces travaux permettront de contribuer aux connaissances existantes, mais aussi de faire émerger et de préciser de nouvelles questions de recherche.

Orientations de la recherche

Le projet s’organise en deux axes complémentaires. Le premier vise à développer une méthode d’évaluation de l’état de santé des écosystèmes aquatiques, afin de caractériser de façon objective cet état à partir de plusieurs dimensions liées aux fonctionnalités écologiques qui structurent ces systèmes. Le second axe vise à analyser la perception des personnes qui fréquentent ces sites et les motivations de leur venue, à travers une approche sociologique et économique multicritère.

Projet Mentaleau Jeux Serieux 1

L’analyse croisée de ces deux axes doit permettre de mettre en évidence les liens qui existent entre la fréquentation des milieux aquatiques et les caractéristiques écologiques de ces systèmes.

Une approche complémentaire mobilisant la médiation scientifique, sera également mise en œuvre. Elle reposera sur des actions de sensibilisation des usagers sur certains sites, notamment en utilisant un jeu sérieux et des ateliers participatifs. Ces dispositifs permettront d’évaluer l’évolution des perceptions des usagers en fonction de leur niveau de connaissance et d’information

Planning de la recherche

Phase 1

2023 – Préparation

L’étude a bénéficié d’un travail préparatoire, réalisé hors convention Mental’Eau, sous la forme de travaux tutorés axés sur une revue bibliographique, menés en 2023 par trois étudiants de l’école d’ingénieurs JUNIA à Lille.

Phase 2

2024 – Mise en place du cadre

Cette phase préliminaire a été consacrée à la constitution d’un panel de sites. Elle a été menée en concertation entre les partenaires du projet. Les critères de sélection des sites ont intégré la fréquentation par un public varié, la localisation géographique des sites, ainsi que la diversité des types d’écosystèmes. Ces critères ont permis de classer les sites en catégories selon une typologie descriptive, pour estimer leur comparabilité et la pertinence a priori de la méthodologie d’évaluation.

Phase 3

2024 – Supports de communication, de médiation

L’approche de médiation scientifique repose sur des actions de sensibilisation des usagers sur certains sites, notamment à travers des jeux sérieux. Elle vise à analyser l’évolution de la perception des usagers en fonction de leur niveau de connaissance. Le site internet et des supports de communication, conçus spécifiquement pour ce projet, y contribuent également.

Phase 4

2024 – Méthode exploratoire d’évaluation écologique

La phase suivante du projet a consisté à concevoir une méthode pour caractériser l’état de santé des écosystèmes aquatiques, à la fois globale et multimétrique. Cette approche méthodologique fixe un cadre conceptuel pour l’évaluation de la « santé » d’un écosystème aquatique, et permet de développer une méthode applicable à chacun des sites du panel d’étude.

Phase 5

2025 – Préparation de l’analyse sociologique

L’analyse sociologique a débuté par la construction de questionnaires psychosocio- économiques visant à documenter l’état psychosocial des visiteurs se rendant sur le corpus des sites retenus pour la ZAM et la ZAEU.

Phase 6

2026 – Analyses écologiques et sociologiques

Cette phase repose sur l’acquisition des données écologiques et sociologiques. L’analyse croisée de ces deux axes permettra de mettre en évidence les liens entre fréquentation des sites et caractéristiques des systèmes aquatiques.

Phase 7

2026 – Analyse territoriale

L’analyse territoriale des différents sites du corpus permettra également de finaliser l’analyse quantitative croisée entre données environnementales et sociologiques.

Phase 8

2027 – Réalisation des ateliers et des entretiens

La dernière phase de terrain, consiste à mettre en place d’ateliers participatifs et d’entretiens auprès des habitants, des élus et des gestionnaires des sites. Pour cette phase, 5 à 6 sites seront retenus. Une première sélection vise le site de la Moselle à Maron, l’étang de Messein, la réserve de la Moselle sauvage, l’étang de Diefenbach, le ruisseau de l’Asnée et le Port de Toul.

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